mardi 26 mai 2009

Conduire les idées:

Un rendez-vous international sur les rives du lac Léman

La suisse à nouveau, Genève cette fois-ci. C’est à l’Union Internationale de Télécommunications que je me suis vue invitée à présenter notre Living Lab. Changement de décors… et d’ambiance, avec un microcosme de fonctionnaires internationaux et surtout un ensemble d’habitués aux négociations sur les grandes et petites choses. Ici on vit depuis longtemps dans le village global de notre planète, ici - quoiqu’on ait pu en dire- la société civile existe sous réserve d’éloignement de tout intérêt étatique et… de quelques démonstrations de compétences.

C’est un journaliste suisse –une habitué des lieux, lui aussi – qui m’a permis le mieux de préciser l’enjeu de nos combats sur la pertinence des divers vecteurs de l’innovation.

A quelques pas de mon hôtel, se trouvait le Beau Rivage où descendait Sissi; je ne suis pas allé voir le ruban mauve taché de sang dans l’Atrium, j’ai préféré médité, non sur la continuité d’un mythe, mais tout simplement sur une femme qui a su dire non, bien sur à tout un lot de conventions. C’est à cela que je pensais en regardant les fenêtres de l’hôtel.

Mais ce sont aussi deux autres images qui, de retour, caractérisent pour moi cette ile, la célèbre rangée de canons rencontrés dans la vielle ville, qui rappellent tout l’intérêt de l’ existence de petits territoires et donc de leur défense. Ce sont d’ailleurs eux qui sont aujourd’hui les plus compétitifs comme vient de le rappeler une étude de l’IMD de Lausanne.

La dernière image est celle rencontrée sur les rivages de Paquis, une affiche indiquant très probablement un séminaire d’un grand constructeur automobile « Drining Ideas ». Oui, la conduite des idées est bien l'enjeu de demain, et mon passage à Genève me l’a bien rappelé. C’était en effet là l’un des objectifs de nos rencontres à l’UIT.

lundi 18 mai 2009

Une capitale de la connaissance: Zurich


N'oubliez pas de cliquer sur les images

Sur les bords de la Limat…

Je vous rejoins cette fois-ci pour un parcours allant du lac de Zurich aux bords de la Limat. Cap donc sur la capital mondiale de la qualité de la vie : ici en effet le développement au quotidien n’est durable que parce que l’on en parle pas – contrairement à d’autres endroits que vous reconnaitrez ou c’est tout le contraire, une fois que l’on a arrêté d’organiser des colloques.

Un écosystème émotionnel

C’est précisément pour un sommet de living labs que je suis présente dans cette ville : parler ici de ville créative n’étonne guère et encore moins pour ce qui est du transfert de connaissances.

Du Cabaret Voltaire à Google, le chemin n’est pas si surprenant.

Allez donc visiter les deux lieux avant que d’assister à une rencontre, vous me comprendrez. Ou si vous préférez une vision alternative, passez devant la statue de Zwingli avant que de participer à une discussion sur la physique quantique, là, l’identité du territoire l’emporte sur les évocations des méfaits récents de la titrisation.

Détours

Pour vous remettre de vos émotions intellectuelles, rien ne vaut pour une espagnole un passage au Zeughauskeller afin de méditer sur le rôle des hallebardiers suisses dans les armées de Charles V. Ou encore, passez au restaurant de l’Opéra saluer un personnel issu tout droit de la comédie dell’Arte.

Evoquer les laboratoires vivants à Zurich

Mais revenons-en à nos laboratoires vivants: c’est une équipe basée à Barcelone et le canton de Zurich qui nous ont convié pour une rencontre professionnelle d’excellence. Il a été question surtout des usages et technologies de la mobilité et des horizons prospectifs en la matière : il est vrai que nombreux sont aujourd’hui les acteurs de notre living lab des Territoires de Demain qui travaillent sur ces questions et l’occasion nous a été fournie pour démultiplier une fois de plus nos partenariats : rendez-vous donc à la rentrée pour la présentation de leurs résultats concrets – ce d’autant plus qu’à mes yeux un laboratoire digne de ce nom présente ses réalisations en temps voulu ! Cela aura bien valu un détour pour les bords de la Limat !
En espagnol

jeudi 9 avril 2009

Calagurris et la maison d’Egypte

Deux mille ans après Cléopâtre, les égyptiennes sont de retour sur le marché romain de Calahorra.

jeudi 26 mars 2009

Ce préservatif en question

par Françoise Arnaud, Ecrivain
Le monde, 20.03.09

...
On allait pouvoir se déchaîner contre la religion, les ânes allaient braire et les loups hurler. Cela n’a pas raté. Quel concert !??Et, pourtant, si le Pape avait raison ??? Si, non seulement il avait raison, mais encore, s’il avait raison de le dire ? Le Pape, contrairement à nos hommes de pointes de tous bords, n’est pas là pour nous plaire, mais pour nous éclairer. Comme un phare qui ne commande point, mais se contente de guider. Ses avis, comme les recommandations du Conseil de l’Europe, n’ont rien de contraignant. On les suit ou on les ignore. En cela réside la liberté. Bien sûr, il y l’excommunication. Au fait c’est quoi l’excommunication ? L’interdiction, pour celui qui en est frappé, de participer aux sacrements. Point. Quel en est la portée, quelles en sont les conséquences sociales ? Alors qu’autrefois, cette mesure pouvait et avait de saumâtres répercussions sociales, politiques ou financières, de nos jours elle reste sans portée, cantonnée dans le domaine privé.

Nul ne porte sur le font une croix d’infamie. Elle n’entraîne pas le moindre préjudice financier. Contrairement à ce qui se passe dans les partis politiques, où, là aussi, une forme d’excommunication, qui ne dit pas son nom, est en vigueur. Pour en devenir membre, pour y jouer un rôle, il faut signer une « charte », Aucun parti n’y échappe, pas même Écolo. Je le sais, j’en ai fait l’expérience. Ayant refusé, de chanter jamais, à l’unisson dans le cas où je ne partagerais pas l’avis imposé par le parti, il me fut rétorqué : Dans ce cas l’on vous exclura ». Ce à quoi, j’ai répondu : « Pas la peine, voici ma démission ». Ceci se passait à ma première, et dernière, participation, à une réunion du conseil local. Cette excommunication là engendre des préjudices et la perte d’avantages sociaux pour ceux qui en jouissaient ou espéraient en jouir. On n’en parle pas.??Revenons-en aux paroles du Pape. Qu’a-t-il dit de si monstrueux que toutes ces voix qui lavent plus blanc que blanc, se croient autorisées à le traîner dans la boue ???Qu’il « interdisait l’usage du préservatif ». C’est faux et profondément malhonnête. Tout d’abord, il n’en a pas la pouvoir, ni d’ailleurs la volonté. Il le déconseille. Un point, c’est tout. Et, alors que la plus stricte des honnêtetés eut été de reconnaître la vérité de ses propos, d’admettre que c’était là la seule vraie solution. Que l’usage du préservatif n’était qu’un emplâtre sur une jambe de bois, mais que malheureusement dans l’état actuel de la société, elle restait pour la plupart le moindre mal. Que cependant il fallait songer à sa suppression, y aller progressivement, de pallier en pallier, ce qui suppose avoir en soi un réel désir de progrès pour la société. Il semble que tout au contraire, il existe une volonté délibérée de déformer ses propos, ou alors, cette société victime d’elle-même n’entend plus le français, ne le comprend plus, a perdu le sens des mots.??Il est vrai que la seule solution véritable du sida réside dans la fidélité, si belle en soi, tellement décriée. Mais de cela, cette société, qui par sa volonté de libération sexuelle à tout prix, cette pseudo révolution du siècle, est la première responsable de la propagation du sida, cette société n’en veut rien entendre. Cette société qui refuse tout effort, toute contrainte, qui veut tout, tout de suite, s’est volontairement, rendue esclave de ses propres désirs.??Dans les faits, nous sommes en présence de deux conceptions diamétralement opposées, que rien ne peut rapprocher, dont les langages, eux-mêmes sont impénétrables l’un à l’autre. C’est comme si l’on voulait comparer des incomparables, la lumière à l’obscurité, ou parler de couleurs à un aveugle de naissance. Alors qu’il s’agit de deux domaines qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre, on s’acharne à le faire.

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Lire le texte complet : Le Monde
Liens :

L’honnêteté intellectuelle semblant faire défaut à certains: à propos du préservatif

Voici ce que le pape a vraiment dit à propos du sida et du préservatif :
Les soins gratuits pour les malades du sida, l'appel des Africains à la responsabilité dans la lutte contre le sida, l'engagement de l'Église auprès des malades... Les propos du pape ont reçu très peu d'écho dans la presse, qui n'a souvent retenu que des propos prêtés au pape. Voici ce qu'a vraiment dit Benoît XVI.
Le pape Benoît XVI a demandé les soins gratuits pour les malades du sida dès son arrivée à l'aéroport de Yaoundé au Cameroun, mardi après midi. Un appel qui a reçu très peu d'écho. Il appelle les Africains à la responsabilité dans la lutte contre le sida. Les médias ont passé sous silence ce passage de sa conférence de presse dans l'avion de Rome à Yaoundé. Mais ce que la presse a retenu, ce sont des propos prêtés au pape.
Le pape fait également allusion à l'engagement de l'Eglise auprès des malades : quelque 25 % des structures qui les accueillent sont catholiques. Il cite l'engagement de la communauté de Sant'Egidio une allusion au projet "DREAM", sigle anglais pour "Amélioration des ressources en médicaments pour lutter contre le Sida et la malnutrition", par exemple au Malawi - et des religieux de Saint-Camille de Lellis, ou des religieuses (les Missionnaires de la Charité par exemple).
Voici la question du journaliste et la réponse de Benoît XVI, dans son contexte.
Question - Votre Sainteté, parmi les nombreux maux qui affligent l'Afrique, il y a également en particulier celui de la diffusion du sida. La position de l'Eglise catholique sur la façon de lutter contre celui-ci est souvent considérée comme n'étant pas réaliste et efficace. Affronterez-vous ce thème au cours du voyage?
Benoît XVI - Je dirais le contraire : je pense que la réalité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est précisément l'Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses différentes réalités. Je pense à la Communauté de Sant'Egidio qui accomplit tant, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida, aux Camilliens, à toutes les religieuses qui sont à la disposition des malades... Je dirais qu'on ne peut pas surmonter ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. Si on n'y met pas l'âme, si on n'aide pas les Africains, on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs : au contraire, le risque est d'augmenter le problème. La solution ne peut se trouver que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c'est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui apporte avec soi une nouvelle manière de se comporter l'un avec l'autre, et le deuxième, une véritable amitié également et surtout pour les personnes qui souffrent, la disponibilité, même au prix de sacrifices, de renoncements personnels, à être proches de ceux qui souffrent. Tels sont les facteurs qui aident et qui conduisent à des progrès visibles. Je dirais donc cette double force de renouveler l'homme intérieurement, de donner une force spirituelle et humaine pour un juste comportement à l'égard de son propre corps et de celui de l'autre, et cette capacité de souffrir avec ceux qui souffrent, de rester présents dans les situations d'épreuve. Il me semble que c'est la juste réponse, et c'est ce que fait l'Eglise, offrant ainsi une contribution très grande et importante. Nous remercions tous ceux qui
le font. Source : Zenit

Liens:
http://societe-de-la-conaissance.blogspot.com/2009/03/ce-preservatif-en-question.html

Le Monde

samedi 21 mars 2009

Tous mes textes gratuits pour le même prix !

L’Ecole des Insensés de la République vient de produire sa dernière œuvre. Hilarant! Un texte d’Attali qui n’est pas de lui - une première… -, des idées qui sont presque les siennes formulées par ceux qui ne pensent pas comme lui, voilà qui illustre fort bien un débat où strictement plus personne ne reconnaît les siens et où le partage des idées relève d’avantage du déjeuner sur l’herbe de Manet que des créations numériques contemporaines.

L’Attali gratuit dont nous conseillons à chacun la lecture me donne une idée: je ne peux décidément me livrer moi-même, à mon propre propos, à une telle opération de marketing viral en rendant gratuit ce qui l’est déjà, à savoir mes propres textes: certains, je les vois venir, finiraient d’ailleurs par me le reprocher tant ils comptabilisent dans leurs livres de compte mentaux chacun de leurs gestes esquissés au nom de la bataille pour le gratuit, pour le libre, ou – pourquoi pas? – pour la citoyenne du deuxième palier à droite dont par ailleurs ils n’ont que faire de l’opinion. Question de principe… Moral non, financier certainement.

Tout de même, je vais donc valoriser mon blog en comptabilisant sa gratuité : personne n’y avait encore pensé!
http://attaligratuit.wordpress.com

samedi 14 mars 2009

Faut-il toujours pardonner l’impertinence? En hommage à Ingrid Betancourt

C’est l’histoire d’une femme, auraient dit certains, qui - après avoir compris le sens de la vie et de la mort ou encore la nature des hommes et des femmes… - a décidé de tout quitter à la recherche de l’imanence en nous laissant le soin et la grande chance de faire fructifier son image au profit d’une cause désespérément généreuse: l’amélioration de l’humanité…

Mais notre XXIème siècle, Madame, Monsieur, c’est aussi l’histoire des journalistes - vous savez, celui qui écrit sur un journal qui porte un nom de femme qui, sous un gros titre «Sainte ou garce? Qui est vraiment Ingrid Betancourt», veut nous convaincre par exemple de l’idée de l’obligation de la femme à se complaire d’être victime de tous les fantasmes développés par les hommes.
Dans ce magazine, les américains qui ont vécu avec elle l’horreur de la captivité et ceux avec lesquels elle a partagé un chemin de vie, jouent tous aujourd’hui les traîtres de service en l’accablant de reproches. Quel compagnonage ! Jaloux, petits et en même temps envieux (un classique chez certains de nos contemporains), et machos en supplément, ils décrivent maintenant dans cet article Ingrid comme une femme à double visage: Eve ou Marie, Sainte ou garce? Une femme, disent-ils, peu reconnaissante envers les efforts qu’ils auraient fait pour obtenir sa libération… Et il s’est trouvé des imbéciles pour publier ce genre de fadaises !

Alors, Monsieurs, je me pose une question: l’avez-vous fait par devoir et générosité ou bien pour vous servir de son calvaire comme plate-forme et obtenir ainsi des faveurs et surtout ceux de la presse; elle devrait vous être toute sa vie reconnaissante?
Vous, qu’avez eu pourtant la chance que vous n’avez jamais voulu reconnaître de la connaître, de vivre avec elle, de profiter de sa féminité, de partager sa vie, ses enfants, ses rêves…, vous vous comportez comme des maris jaloux après un divorce bien mérité. Pourquoi ne vous posez-vous pas la question de savoir si vraiment vous avez été à la hauteur de ses recherches de transcendance, de vérité, de justice, de connaissance…?

Et vous Monsieur, vous, qui avez été victime des mêmes souffrances, avez-vous au moins eu son courage, une attitude pour le moins digne avec tous vos compagnons de calvaire, ou bien au moins la force pour essayer de tenter de vous échapper de l’enfer comme elle l’a fait?
Arrêtez Monsieur, de nous considérer comme des saintes ou des garces, nous ne voulons pas être en haut ni en bas, ni en dessous ni au-dessus. Nous voulons tout simplement être au diapason de nos semblables, main dans la main à la recherche de la vérité, de la connaissance et de la justice pour toutes et pour tous.

Non, nous pensons seulement à vous indiquer - un peu rudement peut-être parfois, on l’avouera volontiers - un morceau de ce chemin des cîmes vers lesquelles nous aimerions tant que vous égariez, ne serait-ce qu’un temps, vos regards perdus et par là-même être… tout simplement des femmes.