lundi 17 octobre 2011

LA SOCIÉTÉ DU SAVOIR DE DEMAIN



 INTERVIEW D’E U R A S I A N FINANCE

L’EMERGENCE DE L’ECONOMIE DE LA CONNAISSANCE

1. Puis-je tout d’abord vous demander de nous décrire cette fondation, son objet et la valeur qu’elle attribue à l’innovation dans le contexte économique qui est le nôtre aujourd’hui?

La Fondation accompagne tous les acteurs territoriaux qui souhaitent développer au quotidien une vraie démarche prospective. Elle a été créée par l’ONG ARENOTECH et le Réseau européen des Villes Numériques. À cette fin, elle est donc d’abord aux côtés des décideurs économiques qui souhaitent comprendre notre monde et donc leurs marchés potentiels et l’organisation dont il leur faut doter leur entreprise pour vivre l’innovation au quotidien, non pas comme une sorte d’incantations à la mode (les périodes de crises se nourrissent beaucoup, médiatiquement surtout, de formulations incantatoires), mais comme un nouvel énoncé de l’aventure qu’est par essence la création et le développement d’une entreprise.
A l’échelle donc du territoire et de l’entreprise, elle crée concrètement des espaces de l’innovation – des LABORATOIRES VIVANTS selon l’expression consacrée – où se rencontrent ces mêmes acteurs économiques, des chercheurs, mais aussi et surtout des usagers confrontés aux nouveaux produits et services, aux projets qui lui sont présentés, à la vision de l’avenir qu’ils peuvent incarner.
La Fondation travaille ainsi particulièrement aux nouveaux rapports que l’entreprise et le territoire entretiennent ensemble, notamment dans le contexte de la conquête des marchés. Elle occupe depuis plusieurs mois de fait une position singulière, dans un contexte de choix économiques et financiers que peu d’institutions avaient osé évoqué et qu’elle a été amené à formuler du fait de la succession de choix archaïques faits par de multiples acteurs en Europe du fait notamment de:

1. La réticence à l’égard de nouvelles formations, l’absence de toute vision globale et de la volonté d’élaborer une vision prospective, pratiques normatives obsolètes,  rhétoriques relatives à la gestion de l’identité déconnectées de tout réel, regards inconséquents en termes de prospective technologique, la non prise en compte de l’entreprise en réseau, de certaines formes de délocalisations, du nécessaire appui devant être apporté à certains secteurs, la méconnaissance surtout des besoins des petites entreprises innovantes…

2. La crise financière de la dette qui touche de plein fouet les économies occidentales semble être combattue par ces dernières, schématiquement, en comblant les dettes existantes par de nouveaux crédits. Quelle critique pouvez-vous documenter autour d’une telle attitude?

LA CRISE DES DETTES SOUVERAINES

Elle met en avant clairement les deux défis majeurs que vous évoquez : des institutions publiques économes et - plus encore - ACCEPTANT de mettre en exergue une vraie aptitude à diminuer leurs dépenses afin de rassurer - pas seulement les investisseurs -: renoncements en matière de prélèvements fiscaux, subventions locales… l’urgence d’investissements réellement dédiés à l’innovation et au développement économique d’aujourd’hui et de demain.
D’où trois difficultés majeures, dans le contexte où nous sommes d’émergence de paradigmes d’une autre économie: d’abord ces deux défis apparaissent a priori parfaitement antagonistes comme le sousentend d’ailleurs votre question. Mais ce n’est pas seulement la difficulté du paradoxe de se positionner en même temps sur ces deux stratégies qui apparaît la plus délicate…
  • le premier défi - ces derniers jours l’ont bien démontré- se heurte à de vieux schémas d’exercice de la gouvernance : d’une manière ou d’une autre, sous les yeux narquois des pays en voie d’émergence (à qui nous nous présentions il y a encore peu en modèles d’une certaine démocratie), nous sommes en train de nous préparer une vraie crise de la gouvernance : que devient la représentation démocratique lorsqu’il est question de placer un pays sous tutelle bancaire et financière… ?
  • le second défi porte l’essentiel de nos espoirs: le choix de toutes les options réellement innovantes, réellement productives, systématiquement évaluées en termes de rentabilité…
Dans les deux cas, on se heurte tout naturellement aux schémas pré-établis, aux habitudes, aux intérêts multiples. Mais aussi et surtout, on assiste à de multiples positionnements purement basés sur l’ignorance: chacun y va de son appréciation sur la Grèce contemporaine sans rien savoir de l’économie du pays, de ses structures économiques, et encore moins d’un horizon culturel qu’au mieux un éventuel séjour sur place ne peut aider seul à comprendre !
L’envie ne nous a pas manqué de citer, en écoutant certains responsables, les formulations économiques d’Aristote ou encore certaines envolées de Démosthène sur l’agora il y a de cela deux millénaires et demi!
Les débats qui ont abouti à l’accord du 23 juillet dernier ont ainsi véhiculé un nombre aberrant de sottises, dont le caractère commun était tout simplement l’ignorance de ce qu’était traditionnellement l’économie grecque, son rapport à la vie politique, ce que signifiaient certaines attitudes et déclarations, et surtout – et avant tout – ce qu’étaient les besoins des Grecs pour consolider leur économie et tout simplement redonner confiance (pour ouvrir de nouveaux champs d’activité ou encore consolider l’activité économique qui en a bien besoin…).

LA NOTION DE DEVELOPPEMENT DURABLE
3. La notion de « développement durable » tient une part singulière dans votre Fondation car il est présenté sous une forme positive : le développement durable par l’innovation et la communication. Qu’est-ce qui lie et qu’est-ce qui distingue votre paradigme de développement durable des autres conceptions altermondialistes, plus négatives?

Vous évoquez notre conception plus positive de cette notion : peut-être est-ce dû au fait que nous avons accompagné de multiples projets en la matière qui nous au mis pendant plusieurs années en présence d’acteurs très différents dont le positionnement nous a permis de quasiment TRACER LES CONTOURS des attentes des uns et des autres, mais surtout de ce que chacun pouvait fournir dans un contexte de construction d’un territoire dont chacun souhaitait qu’il se traduire par la durabilité de son développement économique.
Or, très concrètement, plus il s’agissait de parvenir à ce que l’on pourrait appeler une INTELLIGENCE CONTRIBUTIVE (au sens étymologique de ces mots), plus émergeaient les regards individuels et les attitudes «NIMBY» de toutes sortes.
Ceci rejoint aussi les attitudes négatives que vous évoquez.
Mais par contre beaucoup d’attitudes changent quand intervient l’usage de technologies de la connaissance et de divers outils numériques: un premier niveau de VISIBILITE avec des chiffrages, des informations avec des représentations 3D, de la réalité augmentée, la géolocalisation des données, une CARTOGRAPHIE DES COMPETENCES et une véritable réflexion sur l’attractivité que l’on veut créer pour un territoire…
Alors, bien des attitudes changent, les vieux schémas s’érodent ou s’effondrent, parfois dans la tristesse d’illusions perdues. Les exemples et bonnes pratiques venues d’ailleurs constituent de même naturellement la base d’échanges renouvelés. Et alors peuvent se mettre en place des considérations sur le développement souhaité d’une ville et d’un territoire : avec les possibles développements d’une vraie économie locale du savoir, avec la réconciliation des référents à l’identité du lieu et les vecteurs qui le portent avec les innovations – technologiques ou non – qui peuvent lentement se développer ceci au travers d’espaces de l’innovation, de lieux de débats et d’expérimentations.
C’est tout l’enseignement au demeurant du LABORATOIRE VIVANT DES TERRITOIRES DE DEMAIN.
4. Les territoires de demain sont amenés à davantage de communication et les technologies en la matière permettent cette communication sans rencontre physique. Comment, dans ce cadre, voyez-vous évoluer la perception de la culture par les populations de ces territoires?
La culture peut-elle rester l’appartenance et l’identité d’un groupe, relativement homogène ou bien voyez-vous la culture devenir un sujet de média entre territoires?

COMMUNICATION, CULTURE, IDENTITE

Votre question évoque d’abord la COMMUNICATION TERRITORIALE.
Un territoire a historiquement et naturellement toujours été marqué par des problématiques de communication: nous avons l’habitude, en arrivant sur un territoire, d’avoir à l’esprit les flux d’information et de savoirs qui l’ont caractérisé et le caractérisent aujourd’hui: les grands hubs informationnels y sont la plupart du temps toujours les mêmes, les grandes finalités (oppositions, rapprochements avec d’autres territoires par exemple) y sont souvent de même nature à travers l’histoire. Tout cela pour bien relever la forte permanence des apports de la communication territoriale: les FLUX NUMERIQUES et les RESEAUX s’insèrent très largement dans la continuité.
Une communication territoriale réussie est d’abord une action globale - elle l’est rarement… - qui tient compte d’un tel constat, ce qui n’est malheureusement – et de loin – pas toujours le cas. Ce ne sont pas seulement aujourd’hui les réseaux sociaux qui changent les stratégies des collectivités territoriales en la matière, c’est par exemple aussi le changement dans les catégorisations des informations.

LA PERCEPTION CULTURELLE

Il nous faut d’abord être conscient de l’inflation sémantique que l’expression même de «culture» a connue au cours de ces dernières décennies : à partir de la notion de champ de savoirs relativement traditionnels qu’il désignait, le mot a fini pour recouvrer un horizon comportemental très large.
On évoquera ici surtout les horizons culturels dont le rôle dans le développement économique est de plus en plus important, au travers notamment de la diversité des usages qu’il suscite. Le rapport à une technologie n’est ainsi pas le même, bien évidemment, suivant l’horizon culturel dont il est issu et par lequel il est accepté. Les outils technologiques qui sont les nôtres aujourd’hui et qui le seront demain sont donc et seront d’abord des outils au service de certaines cultures, selon notamment la manière dont ils se seront emparés : en ce sens, il est clair – vous avez raison – que ce seront les média entre les territoires, mais aussi les pays et les grandes zones de développement économique de notre planète. La culture est ainsi devenue un élément majeur de l’INTELLIGENCE ECONOMIQUE de ce siècle.
Votre question évoque aussi l’IDENTITE.
Celle-ci était il y encore peu considérée comme un mot piégeant facilement les démarches idéologiques. Nous avons l’habitude de dire au sein de la Fondation, que sans gestion de l’IDENTITE, il n’est guère évident de développer des processus d’INNOVATION.

IDENTITE ET INNOVATION CONSTITUENT DONC UN BINOME MAJEUR DE L’ECONOMIE DE LA CONNAISSANCE.

L’identité culturelle est donc tout à la fois un vecteur majeur de l’attractivité d’un territoire et notamment de son attractivité économique (au-delà même de la qualité de vie dont il constitue un élément clef), un élément de cohésion, voire de défense et parfois même de facilitation d’insertion pour des personnes étrangères à ce territoire.
5. Chaque époque regorge de voies innovantes. Le morcellement territorial au Moyen Age européen (et le repli des populations subséquent) a permis à chaque entité de développer ces propres innovations. A présent que le mouvement de globalisation atteint la planète dans son entièreté, pensez-vous qu’il y ait un risque de standardisation de l’innovation à cause de la perpétuelle communication des territoires entre eux ?

L’INNOVATION: GLOBALISATION ET RISQUE DE STANDARDISATION.

Votre question rappelle les innovations produites à différentes époques et par de multiples territoires dans l’histoire. Le seul fait que nos contemporains et singulièrement les décideurs économiques tiennent à l’esprit une telle réalité aiderait beaucoup notre époque à affronter les crises évoquées.
Il nous faut d’abord nous reporter à la précédente mondialisation que nous connue il y a de cela un demi-millénaire: elle nous a montré une multitude de conséquences, allant de standardisations plutôt heureuses et partiellement à l’origine du développement - au XVIIème siècle – des débuts d’une vraie pensée scientifique – aux phénomènes de refus de l’autre et de ses apports potentiels – c’est là, on le sait, une partie de l’histoire de la conquête américaine.
La construction de villages globaux – comme l’est de fait devenue notre planète – entraîne donc des phénomènes de glocalisation où les horizons culturels les mieux affirmés et les mieux structurés (notamment dans leur vie économique) peuvent évidemment l’emporter au travers d’une large standardisation de leurs propres réalisations.
C’est toute la question de la diversité linguistique – aussi importante que la biodiversité -, dont en réalité la pratique ne nuit nullement à la richesse des échanges, au contraire bien évidemment.
La vraie réponse des acteurs territoriaux notamment est une parfaite connaissance de l’autre : la polarisation des compétences, l’économie des liens et ce que nous appelons aujourd’hui de manière générale la «diplomatie des savoirs» illustrent parfaitement
Une polarisation de compétences sur un territoire ne s’enrichit en effet qu’au travers une clustérisassions et des réseaux de compétences construits au travers des liens entre les pôles den savoirs qui caractérisent un territoire et qui confèrent à une ville et à une région une expertise qui lui vaudra l’essentiel de ses dynamiques économiques.
On est là au coeur de l’économie qui se construit sous nos yeux et qui nous concerne tous : nous avons tous des compétences que nous pouvons enrichir grâce aux institutions publiques et privés qui constituent une grande partie de notre écosystème de vie.
Le quartier de demain sera ainsi constitué de communautés de connaissance au sein desquels chacun pourra et aura à afficher ce qu’il est, ce que lui a donné son lieu de naissance, ses origines familiales et ses activités professionnelles. C’est d’abord en cela que la collectivité territoriale – ou encore les institutions étatiques - doivent l’aider!
L’économie en émergence peut constituer pour l’Europe une «nouvelle Renaissance», mais il nous faut bien avoir conscience ce que nous entendons réellement au travers de telles affirmations: il s’agit là aussi de moments de profondes remises en causes idéologiques, sémantiques, intellectuelles. Il s’agit aussi de moments souvent difficiles en termes économiques et financiers. Il s’agit en fait surtout de moments de choix, de renonciations multiples: adieu alors au confort des idées, des pratiques et des habitudes! Il n’est nul besoin de grandes analyses prospectives pour bien percevoir que c’est là ce qui caractérisera les deux ou trois décennies à venir.

dimanche 3 juillet 2011

À travers les miroirs de l’inconnaissance et du nominalisme

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Au-delà des paysages provençaux au travers desquels on trouvera sur You Tube maints cheminements, d’autres lectures apparaissent néanmoins possibles. C’est à cette tentation que nous avons cédé en proposant un changement de regard sur nos propres dialectiques de l’intérieur et de l’extérieur qui nous permettront de construire à leur tour d’autres paradigmes. C’est dès lors un trajet à travers les symboles qui s’esquisse, une route qui n’est en rien neutre puisque nous permettant d’articuler le spirituel et l’innovation, de proposer d’autres formes de médiation sur le patrimoine, mais aussi de nous introduire nous-mêmes dans la vison que nous pouvons avoir d’une ville et de son territoire.

samedi 7 mai 2011

Dîner-Débat au FERAM avec Charles JOSSELIN

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Dîner-Débat au FERAM avec Charles JOSSELIN, Paris, 4 mai 2011
Charles Josselin a été Député des Côtes-d'Armor, Député européen, Sénateur, Secrétaire d'État aux Transports, Secrétaire d'État à la Mer puis Ministre de la Coopération et de la Francophonie. Il est Vice-Président du Conseil Général des Côtes d'Armor, vient d'être réélu Conseiller Général du canton de Ploubalay et préside Cités Unies France depuis décembre 2004.

Paroles d' femmes et d'hommes

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jeudi 28 avril 2011

Ont parle du Living Lab de "Territoires de Demain"...

http://societe-de-la-conaissance.blogspot.com/2010/03/living-lab-african-living-lab.html
http://territoiresdedemain.blogspot.com/2011/04/inauguration-du-urban-living-lab-et.html
http://www.ocim.fr/IMG/pdf/PeyresqIII_Depliant_190509VD.pdf
http://www.e-alsace.net/index.php/smallnews/detail?newsId=446
http://www.tarbes-infos.com/spip.php?article3104
http://www.cg65.fr/front.aspx?sectionId=558
http://www.openlivinglabs.eu/livinglab/territories-tomorrow-living-lab
http://www.cetir.net/index.php/En-cours/projets-en-cours.html
http://www.global-local-forum.com/pages.asp?ref_arbo=1867&ref_page=5517
http://www.planete-plus-intelligente.lemonde.fr/villes/le-territoire-de-demain-sera-fonde-sur-le-savoir-de-ses-habitants-_a-13-144.html
http://www.digipolis.fr/2011/accueil/conferences-ateliers/intervenants-2011.html
http://utopiades.areneidf.org/biographies/
http://www.peiresc.org/09.act/09.Culturel.htm#1
http://euromedinculture.org/index.php?option=com_fabrik&c=form&view=details&Itemid=335&fabrik=5&rowid=41&tableid=5&fabrik_cursor=9&lang=fr
http://www.ungis.org/LinkClick.aspx?fileticket=IdUpNUH/g9o=&tabid=719
http://www.orange.com/fr_FR/collectivites/mag/att00008210/242-267.pdf
http://www.swissmedia.ch/N503/ib-com-magazine.html
http://www.techforfood.com/fichiers/synthese09.pdf
http://ec.europa.eu/youth/evs/aod/hei_form_en.cfm?EID=14001103116
http://www.unctad.org/sections/wcmu/docs/ecn162010_UNGIS_en.pdf
http://societe-de-la-conaissance.blogspot.com/2009/07/saint-julien-en-saint-alban.html
http://societe-de-la-conaissance.blogspot.com/2009/07/peyresq-le-village-aux-deux-quetes.html
http://territoriosdelconocimiento.blogspot.com/2008/07/berlanga-de-duero-un-laboratorio-vivo.html
http://territoriosdelconocimiento.blogspot.com/2009/02/presentacion-del-laboratorio-de-los.html
http://societe-de-la-conaissance.blogspot.com/2009/12/visite-au-laboratoire-de-realite.html
http://territoriosdelconocimiento.blogspot.com/2008/12/le-living-lab-des-territoires-de-demain.html

Les living Labs espagnols
http://societe-de-la-conaissance.blogspot.com/2009/01/les-living-labs-espagnols.html

Urban Living Lab:
http://sqylab.com/index/menu/menuid/24/article/13
http://www.uvsq.fr/toute-l-actualite/inauguration-du-urban-living-lab-125662.kjsp

Clichy-montfermeil:
http://www.semainedudeveloppementdurable.gouv.fr/squelettes/detail.php?idManif=3699&id_membre=3469&idRegion=100&idDepartement=200&idType=9
Post Carbonne:
http://dotpoc.org/phase-diagnostic/sources/cat_view/8-living-lab
...

jeudi 14 avril 2011

Une journée conforme...

Voilà bien un adjectif largement sous-employé... "Conforme" désigne pour l'auteur de ces lignes, d'abord et avant tout, une vraie conformité a ses engagements, des engagements qui en l'occurence ont déjà quelques années en matière d'objectifs de vie et de travail. (espagnol) L'anniversaire chaque année est un bon moment pour vérifier une telle conformité aux promesses que
l'on a d'abord pu se faire a soi-même!
Aujourd'hui est précisément un jour d'anniversaire! (en este enlace en español)

14 avril  1931 - 1936, Première démocratie espagnole

dimanche 3 avril 2011

Séville, ville de la connaissance

Aujourd'hui
Demain
Un parc technologique pour demain,
un organigramme territorial de connaissances

L’expression même de “ville de la connaissance” recouvre aujourd’hui déjà des réalités multiples et il en sera de plus en plus ainsi pendant une à deux décennies. A l’évidence, le sens commun pour de nombreux acteurs est aujourd’hui axé sur ce qui est souvent dénommé «parc technologique», un élément majeur d’un territoire de la connaissance étant de regrouper non seulement des activités profondément innovantes - des entreprises donc et tout ce qui peut permettre à celles-ci tout à la fois la déclinaison de leurs activités au quotidien (et donc souvent leur proximité) -, mais aussi de manière toute aussi évidente des lieux d’acquisition et de partage des savoirs nécessaires, transcendant par là-même d’anciennes expressions comme celles relatives à l’apprentissage tout au long de la vie.
Nous avons beaucoup évoqué le techno-parc de Mataro à l’occasion de notre participation à son inauguration. La création du parc de recherche et développement de Dos Hermanas près de Séville illustre bien également un tel processus, en se rangeant précisément sous l’appelation de «ville de la connaissance».
L’objectif de la municipalité est ici d’abord - comme en de multiples lieux du monde hispanique notamment - de développer sur son territoire un pôle de «spécialisation technologique»  permettant aux entreprises, mais aussi tout autant à l’ensemble des habitants de faire face aux enjeux concrets divers de la recherche de compétitivité (encore un terme auquel les années futures réservent de nombreuses déclinaisons…) et aux demandes générées par une «société globalisée» qui place la connaissance au centre des enjeux sociétaux, en fait à toutes les demandes que génèrent de nouvelles façons pour la société locale de l’organiser dans de multiples domaines. Le parc “Dehesa de Valme” se veut ainsi “source de connaissance” - un terme inscrit en toutes lettres au coeur du projet - et comme une véritable courroie de transmission entre les différents milieux d’un système territorial d’innovation scientifique comme celui que tout élu envisage au fond pour sa collectivité et où l’Université tout comme la société locale ont bien évidemment leur part. Au coeur de la ville de la connaissance de demain se retrouvera donc toujours un centre d’excellence technologique avec ses outils renouvelés de recherche et développement, ses espaces universitaires et d’innovation au sein d’une aire de plus en plus souvent résidentielle, des dispositifs grâce auquel peut - et doit - se créer toujours un vrai réseau de flux informationnels et technologiques.
Assurer le développement économique et social d’une collectivité territoriale suppose en effet de favoriser le transfert technologique au sein de son écosystème de recherche jusqu’au tissu productif, ceci afin d’assurer la création de produits et services de haute valeur ajoutée, mais également de générer et diffuser des technologies assurant une durabilité respectueuse de tout son environnement. Il s’agira aussi de développer une collaboration institutionnelle et entrepreneuriale régulière, notamment avec les groupes de recherche et le monde universitaire de manière générale, et tout autant de contribuer à augmenter la professionnalisation et la culture entrepreneuriale au sein d’entreprises spécialisées qui s’orientent ainsi vers les créneaux les plus pertinents du marché aussi bien local qu’international; améliorer la commercialisation du produit final permettant de garantir un service intégral de qualité sera ainsi aussi une préoccupation d’élus et non seulement de chefs d’entreprises - qui pourront de la sorte dans les grandes rencontres internationales se remplacer les uns les autres (nombreux sont déjà ceux qui dans le monde partagent un tel horizon prospectif). L’objectif de tout habitant sera dans ce contexte de contribuer à créer une culture sociale innovante en démultipliant les réponses que peuvent apporter les technologies de la connaissance aux besoins de chacun, d’accompagner les systèmes et flux afin de créer de véritables organigrammes  de connaissances contribuant réellement à des exigences de rentabilité économique et assurer ainsi à la société locale une vision suffisamment pertinente du monde qui l’entoure afin de lui permettre de se percevoir elle-même comme une société productrice de connaissances scientifiques et technologiques notamment et pas seulement comme une société consommatrice.
Source : http://www.ciudaddelconocimiento.com/
Choix d'architecture

samedi 2 avril 2011

Le territoire école de responsabilité partagée, l’exemple de la Colombie

 Le territoire, pour partager du sens et réarticuler politiques, échelles et dynamiques du développement

jeudi 24 mars 2011

Une ville de la connaissance créé en Equateur

On s'interroge toujours sur la portée réelle de la nouvelle diplomatie des savoirs.
Une illustration nous en est fournie par la stratégie de la Corée du Sud, ceci au travers de l'action par exemple de la fondation coréenne dédiée aux clusters de l'innovation, un acteur majeur de l'innovation scientifique du pays. Depuis 1968, KICF est le principal pole d'innovation en Corée du sud, hébergeant d'importants instituts de recherche et fournissant a lui seul soixante pour cent des brevets du pays! Il s'est spécialisé notamment dans les domaines des technologies de l'information, les bio et nanotechnologies, l'aérospatial et la technologie nucléaire.

Cette dernière vient en effet de signer avec des entités gouvernementales de l'Equateur un accord permettant a ce pays de créer une ville de la connaissance: il s'agit du secrétariat national de la planification et du développement (SENPLADES) et du secrétariat national de l'éducation supérieure, de la science, de la technologie et de l'innovation (SENESCYT).

L'accord permet d'évaluer et de développer de manière conjointe plans programmes et projets de coopération et échange d'expériences, de promouvoir l'echange de groupes de scientifiques, de professeurs et d'expert dans les domaines d'interet commun, l'echange de savoirs bien sur aussi dans les domaines de l'innovation et de l'information scientifique et technique.

L'objectif par la suite sera de créer un centre du développement de la connaissance et de l'innovation pour l'Equateur et l'Amérique latine, ceci a travers le projet "Ville de la connaissance" dirige par le SENPLADES. La s'implanteront des institutions universitaires de niveau international, des instituts de recherche et des centres de transfert technologique, des entreprises de haute technologie et bien sur des organismes prives et publics travaillant dans le domaine de l'économie de la connaissance. Les aires stratégiques en seront notamment les énergies renouvelables et les technologies de l'information.

Un projet quasi-emblématique aux cotes de tous les territoires de la connaissance accompagnes par la Fondation des Territoires de Demain!

mardi 25 janvier 2011

Pour une prospective de l’économie de la connaissance: de l'innovation de rupture à la société créative

Résumé de l'intervention d'André Jean Marc Loechel au colloque:
L'innovation en Afrique et dans les pays émergents Sénat, Paris, 22 janvier 2011

Pour une prospective de l’économie de la connaissance: de l'innovation de rupture à la société créative
La Fondation des Territoires de Demain est présente depuis ses origines, au travers notamment de ses structures fondatrices, sur le terrain de l'innovation en Afrique et dans les pays émergents. Madame Garcia Vitoria, directrice scientifique de la Fondation, évoquera les démarches innovantes basées notamment sur des dispositifs de laboratoire vivant développés à l'échelle de celui des Territoires de Demain et mis en œuvre de Dakar à Bogota - où nous nous préparons d'ailleurs à nous rendre à la fin de ce mois -. Nous nous efforcerons présentement de tracer brièvement les contours de notre action et surtout de nos analyses.
1 - Une économie de la connaissance est une économie de l'innovation Nous vivons l'entrée dans une économie de la connaissance et nous savons tous combien cela peut être favorable à l'Afrique et aux pays émergents! Et le rôle de l'innovation est au cœur de ce processus.
A - Il faut bien se rendre compte de ce que cela représente: l'Europe se retrouve en quelque sorte renvoyée à la situation d'avant la révolution industrielle européenne, ceci notamment avec une conséquence absolument majeure: développer des marches dans les pays émergents suppose l'acceptation par l'Occident de transferts technologiques et pour cela un énorme effort non seulement de recherche et développement "traditionnel", mais des démarches innovantes dans tous les domaines.
B - Une économie de l'innovation n'est évidemment pas seulement une économie basée sur des infrastructures, voire même sur des connaissances techniques. Les démarches innovantes concernent tous les domaines (comme le montre l'exemple du Medialab de Madrid).
2 - Une économie de la connaissance est une économie de polarisation des compétences. A - La carte du monde est aujourd'hui d'abord et avant tout une carte des savoirs, de pôles ou des compétences, des expertises, des savoirs de tous ordres se trouvent mobilisés.
Ces polarités (qui sont d'abord le fruit de multiples externalités) prennent des formes très différentes: pôles de compétitivité (Tunisie), réseaux de clusters (Amérique latine, monde caraïbe) boutiques des sciences, living labs (Sénégal)...
B - Cette cartographie n'est en rien une cartographie de savoirs exclusivement scientifiques: c'est aussi une cartographie de l'identité et des savoirs locaux (rapports entre pratiques traditionnelles orales et usages du téléphone mobile!
3 - Une économie de la connaissance est une économie du lien A - À l'échelle des territoires, cette économie nous lien impose un mécanisme qu'il n'est pas toujours facile à mettre en œuvre: ce qui compte en effet tout autant que le regroupement de connaissances est la création de liens entre ces pôles de compétences (exemples méditerranéens).
B - À l'échelle macro-économique aussi, les synergies et les collaborations réelles, les partages de savoirs reviennent au premier plan. Nos diplomaties deviennent donc des diplomaties du savoir, les liaisons internationales - et leurs financements - n'étant donc plus basées sur des hiérarchies préformatés, mais sur l'importance des savoirs à transmettre. On est bien loin des télégrammes diplomatiques!
En conclusion, nous voyons bien qu'au-delà par exemple des péripéties financières que nous connaissons aujourd'hui, ce sont des mutations encore plus fortes qu'il nous faudra ensemble maitriser qui sont celles de la naissance d'une économie planétaire fondamentalement nouvelle, accompagnant notamment des paradigmes que nombre de nos contemporains ont encore bien du mal à intégrer dans leurs actions et leurs représentations d'un monde qu'ils ne reconnaissent plus.
L'exemple des nouveaux métiers et nouvelles formations autour des technologies de la connaissance qui nous concernent tous illustre bien le refus de nombre d'acteurs - indépendamment de leur âge et de leur milieu social - de regarder notre futur commun à l'horizon 2020 - 2030. Tels les anciens d'autrefois, ils ne veulent plus apprendre, leur vision leur suffit, même si elle ne correspond plus à rien...
Notre rencontre d'aujourd'hui visant à partager nos savoirs en la matière nous montre évidemment que c'est tout l'inverse qu'il nous faut faire au travers des accompagnements que nous avons à développer tous ensemble... sur le terrain.
André Jean Marc Loechel